Lettre à ma voiture
Hélène Boissonneault

Hélène Boissonneault

Lettre à ma voiture…

Chère voiture,

Je t’écris aujourd’hui afin de te parler de mon dilemme!  Tous les gens qui me connaissent savent à quel point je t’aime.  Tu es ma voiture préférée de toutes celles que j’ai eues!  Contrairement à plusieurs personnes de mon âge, j’ai eu ma première voiture après 20 ans.  Je n’étais pas pressée de passer mon permis de conduire, je ne voyais pas l’utilité. 

Et puis, je suis devenue une entrepreneure qui devait faire quelques allers-retours et des épiceries un peu plus grosses avec mon service de garde.  Le transport en commun n’était plus aussi efficace pour moi.  Je covoiturage souvent, mais parfois, ce n’était pas optimal pour mes besoins. 

Et puis, j’ai eu mon fils.  Ironiquement, c’est probablement là que j’ai le plus renoué avec la marche. J’aimais tant marcher avec lui pour me déplacer. Plus il vieillissait et plus j’aimais nos marches-discussions.  Nous prenions le temps de regarder notre environnement.  De plus, je faisais souvent du vélo avec lui. 

Et puis, la famille s’est agrandie et le soccer est entré dans ma vie. Difficile de se déplacer sans voiture pour tous ces matchs et pratiques avec quelques enfants. J’avais alors une famille recomposée de 6 enfants.  La voiture était un must. 

Et l’habitude a pris le dessus et la voiture est devenue un moyen de transport qui prenait de plus en plus de place comparativement aux autres.  La voiture que j’ai eue avant toi c’était une Dodge Caravan.  Elle m’a été vraiment utile pour mes déplacements en famille lors d’un été ou nous avions presque vécu dedans.  Elle était notre refuge à mes deux enfants et moi. 

Ensuite, après l’accident, il y a eu toi. Ça fait maintenant presque 8 ans que tu es dans ma vie.  Tu as près de 200 000 km au compteur. Tu en as vu de la route.  Tu en as conduit des gens. Tu arrives pas mal à ton bout. Je suis bien consciente qu’il ne te reste pas un autre 200 000 km à faire.  Tu commences à coûter de plus en cher en réparation.  Mais je te rassure, il n’est pas question de te remplacer.  Je n’en vois pas l’utilité. J’aime mieux remplacer une pièce de temps en temps que toute une voiture au complet. Clairement, ce ne serait pas optimal. Mais je le vois bien qu’un jour, ce ne sera plus viable pour toi.

Et voilà tout mon dilemme. J’habite une ville qui n’a pas tant un bon service de transport en commun.  Donc, ce ne serait pas mon premier réflexe. Parfois, pour me rendre à un rendez-vous, je devrais faire plus d’une heure de transport, et ce simplement pour y aller.  Donc 2 heures de route pour me rendre quelque part qui en voiture m’en prendraient 20 en tout.  Ce n’est pas optimal. Même que parfois, ma fille devrait manque de l’école pour se rendre à un rendez-vous qui lui est en dehors des heures d’école…   Il y a le taxi qui serait possible.  Pour ce trajet, ça m’en coûterait autour de 40 $. C’est un pensez-y-bien !

Je suis choyée, il y a la possibilité de le faire en vélo. L’option du vélo électrique pourrait être intéressante pour moi dans ma ville remplie de côtes.  J’ai mes 2 jambes et une bonne santé.  Aussi, tout près de chez moi, il y a une station Communauto.  Ça pourrait même me revenir moins cher que d’avoir une voiture juste à moi.  Je devrais par contre organiser mes horaires et être plus souvent passagère en covoiturage ou utiliser l’autobus pour mes déplacements à Montréal.  Il y a aussi l’option d’emprunter une voiture qui sert peu à son propriétaire… Surtout en ce moment de pandémie, les voitures restent plus que jamais inutilisées. 

Je sais que ce n’est pas tous les villes ou villages qui offrent facilement des stations Communauto ou encore la possibilité de se déplacer facilement en vélo.

Pour le moment, j’ai décidé de te garder encore quelques kilomètres.  Surtout avec l’hiver qui est là.  Tu es « ben pratique » comme on dit.  J’ai essayé quelques fois de vivre sans toi et chaque fois, je n’ai pas réussi à faire le mois complet. J’ai flanché et je t’ai sortie de ta pause.

Comme tu le vois, je suis en réel questionnement. Habiter Montréal, je ne me poserais même pas la question. Tu serais déjà partie faire voyager une autre famille.  Avec les transports en commun, toutes les stations Communauto, les vélos partagés, je n’ai pas besoin de toi là-bas. Tu ne sers que pour m’y rendre et revenir quand j’ai besoin, ensuite tu y restes bien sagement stationnée dans la rue. 

À Sherbrooke, avec ma fille de 15 ans qui est impliquée dans plusieurs projets,  mes multiples rendez-vous d’affaires et mes conférences, tu es bien utile… bon un peu moins durant la pandémie, mais elle va bien finir un jour. Je te garde encore pour un moment… mais quand viendra le temps de te laisser, je crois bien que je ne te remplacerai pas.  Du moins pas avant de partir sur la route avec ma « van ».

D’ici là, je vais à nouveau tenter de vivre sans toi quelques semaines… et pour la 5e fois, je vais essayer de m’inscrire à Communauto. Mais ça, c’est une tout autre histoire ! 

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