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Petit train va loin.

petit train va loin

Je me fais souvent rire en faisant mes achats. Je me dis que si quelqu’un était là à m’observer 24/7, il trouverait sûrement que je ne suis pas très cohérente dans mes choix. Et pourtant, je sais que mes paradoxes ne sont que la pointe visible d’une logique bien ancrée dans le temps.

Je m’explique. Ayant à cœur de faire ma part pour l’environnement, je tant vers le zéro déchet depuis quelques années. Pas par pas, j’ai avancé dans ce monde de la réduction pour le bien-être de l’environnement.

J’y vais à la hauteur de mes moyens ; moyen de temps et d’argent. Parce que oui, ça me prend plus de temps pour faire mon épicerie en vrac. C’est parfois plus cher aussi. Il m’arrive donc d’acheter des produits à l’épicerie en sachant très bien que mes pots de verre qui m’attendent à la maison en pleurant mon manque de jugement : « Faire entrer un nouveau plat de plastique ici, pour qui elle se prend ! Quel manque de sensibilité et de volonté de sa part. Pfff ! »

Vous aurez compris que ce n’est pas mon garde-manger qui me juge de la sorte, mais bien moi-même. Je peux parfois être rapide sur le « tu aurais dont dû ». Il devient alors plus facile d’attribuer à une partie extérieure à moi ces pensées, afin de diminuer le sentiment de culpabilité qui vient avec. Mais bon… je garde en tête que la vie est un processus ! Et la route du zéro déchet l’est tout autant.

C’est pourquoi je me permets de ne pas être parfaite dans cette aventure. Je préfère saluer mes efforts, applaudir toutes ces fois où je sors avec mes pots vides pour les remplir, les fois où j’utilise ma tasse de café réutilisable, que j’encourage le bistro zéro déchet ou que je dis non aux ustensiles en plastique.  

Quand j’y pense, je fais tellement d’action pour faire ma part que j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi je me tape encore autant sur la tête quand j’achète un pot de poudre de cacao à l’épicerie parce que je n’ai pas eu le temps d’aller remplir le mien et que fillette veut faire un gâteau maintenant. Peut-être est-ce mon sentiment d’urgence pour sauver notre planète malade… ou bien est-ce ce désir malsain d’être parfaite ? J’ai beau le travailler ce côté et m’être améliorée dans plusieurs sphères de ma vie, ce besoin de perfection aime bien venir me surprendre au détour d’une bouteille de ketchup.

Et si je prenais l’habitude de me féliciter réellement lorsque je pose un geste pour l’environnement ? Au lieu de me dire que je pourrais en faire plus, célébrer simplement ce que je viens de faire. Peut-être que cette partie de moi qui veut en faire toujours plus et toujours mieux arriverait à se calmer un peu ?

Oui à l’épicerie zéro déchet, aux pellicules avec cire d’abeille, au compost, au filet à légume, aux sacs d’épicerie lavable, au sac de collations et au gobelet à café réutilisable. Oui au savon en bar, aux brosses à dents en bambou et à la Diva Cup.

Mais oui aussi au savon à vaisselle à la pharmacie par manque de planification, oui à mon café préféré quand j’ai oublié ma tasse et oui au sac de farine en rabais à l’épicerie cette semaine. Je dis oui, mais tout mon corps me dit que ce n’est pas « correct » et que je peux faire mieux. C’est vrai, je peux faire mieux. Mais en attendant de faire mieux, je décide de continuer à marcher sur le chemin.

Oui au rythme de chacun.  

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