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Vide, au centre d’achats

Vide, au centre d’achats

Des dizaines d’humains marchent les bras chargés de sac.

Les vitrines, remplies de signes « liquidations » et « rabais » tels des appâts, cherchent à attirer l’attention des passants.

Partout l’abondance, et pourtant, je sens un vide immense.

Je ne suis pas bien ici. Je ne suis plus bien… il y avait longtemps que je n’étais pas allée dans un centre d’achats.

Il me semble que la dernière fois se compte en années. Ce n’était pas une décision consciente de cesser de m’y rendre. C’est arrivé naturellement et graduellement aussi, j’imagine, avec l’envie d’acheter dans les commerces de mon quartier, mais surtout d’acheter moins. Et probablement aussi lorsque j’ai arrêté de prendre ces lieux comme une destination pour passer le temps.

Ces jours-ci, j’ai une folle envie de dépenser mon argent. Pour n’importe quoi en plus… c’est que je ne vais pas si bien que ça et je ne suis probablement pas la seule. Oh ! Ce n’est pas un immense mal-être, mais je sens de plus en plus la charge des mois de pandémie qui s’inscrivent dans mon corps. Alors pour apaiser la bête, je cherche à fuir de plusieurs façons, mais principalement en me plongeant dans le « trop ».

Un peu trop de nourriture, un peu trop d’alcool et un peu trop d’argent qui s’envole. Comme si le plaisir momentané que me procuraient ces moments de trop-pleins m’engourdissait juste assez pour continuer à fonctionner dans un monde qui me semble de plus en plus éloigné d’une certaine normalité.

Le manque de sens que je ressens me donne envie de l’excès, pour ne pas toucher au vide que j’ai en dedans.

C’est ce que je ressens partout lorsque je marche dans un centre d’achats maintenant : le vide et la solitude.

Nous avons probablement créé ces lieux pour offrir un certain côté pratique. Tout est là, à portée de main, à la portée du portefeuille. Une seule destination pour combler tous nos besoins. L’efficacité ultime de notre société de performance.

Mais où est la chaleur humaine dans ces lieux impersonnels ?

Où est la place pour le questionnement (en ai-je vraiment besoin) ?

Où est l’équilibre ?

Je n’aime plus aller dans les centres d’achats parce que tout va vite, tout bouge. Tout est là pour m’en mettre plein la vue, tout est là pour me faire rêver. Pourtant, c’est probablement dans ces endroits que je me sens la plus seule, séparée de mes réels besoins et de mes véritables rêves.

Je nous souhaite un retour au plus simple, au plus vrai, au plus essentiel, au plus direct. Je me souhaite de contribuer à créer, chaque jour, cette société où il est possible de faire des achats, mais sans tomber dans le vide que tente de combler notre société d’abondance.

Faisons vivre nos commerces de proximités !

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