Hélène Boissonneault

Hélène Boissonneault

L’achat local en 3 questions et réponses

Ces derniers temps, avec la pandémie de la COVID-19, il est plus que jamais question de l’achat local.

Plusieurs arguments soutiennent l’achat local, l’un deux est particulièrement percutant : si chaque famille québécoise remplaçait 20 $ par semaine d’achat de biens provenant de l’extérieur par la même valeur en produits du Québec, plus de 100 000 emplois pourraient être créés.  Cela donne encore plus de poids à l’idée d’acheter local.

Mais qu’est-ce qu’un achat local ?

Il n’y a pas vraiment de consensus sur le terme « local ».  Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), le terme « local » désigne les aliments produits dans la province où ils sont vendus, ou dans un rayon de 50 km à l’extérieur de celle-ci. 

Le mouvement locavore quant à lui, prône de manger des aliments qui ont poussé dans un certain rayon. La distance d’environ 160 km est souvent citée. L’idée dépasse par ailleurs l’alimentation et concerne aussi les services et produits.

D’autres positions incluent des critères plus larges, dont la façon dont le bien a été produit, la provenance de la matière première et si l’achat se fait près de l’endroit où la production et la transformation du bien ont été faites. Certains prennent également en considération l’endroit où se situe le siège social de l’entreprise. 

Au Canada, les mentions « Produit du Canada » et « Fait au Canada » permettent aux consommateurs d’avoir quelques indices de la provenance de leurs aliments et de leurs biens. Pour recevoir la mention « Produit au Canada », au moins 98 % de tout le processus de fabrication a été fait au pays. Pour obtenir la mention « Fait au Canada », les critères sont plus souples, c’est-à-dire que 51 % du produit doit avoir été fabriqué ici. Toutefois, dans les deux cas, la dernière transformation importante sur le produit doit avoir été faite au Canada.

Acheter un produit 100 % local dans une grande surface, dans ma ville, qui emploie des gens d’ici, est-ce que c’est un achat local ? 

Certains diront que oui si le siège social du magasin à grande surface est au Québec ou au Canada. Si le siège social est ailleurs, ce ne sera pas considéré comme local.  Une question que l’on peut se poser est celle-ci : est-ce que l’argent reste au Canada ou au Québec ?  Sinon, vous avez votre réponse.  Pour ma part, si le produit dont j’ai besoin est disponible dans une petite entreprise de ma localité, je vais privilégier d’y faire l’achat.  Sinon, je vais y aller en fonction de celle qui est le plus près de chez moi. 

S’il est produit ici, mais que les composantes viennent d’ailleurs, est-ce local ?

Selon moi, pour être 100 % local, tout doit être fait localement de A à Z.  Mais c’est rare, du moins pour le moment, que toutes les matières premières viennent d’ici.  Donc, ce qui serait logique serait de considérer comme locaux les produits faits en grande partie ici, un peu comme le proposent les mentions « Produit du Canada » et « Fait au Canada ».

Idéalement, il faudrait privilégier un produit qui est 100 % fait ici avant de penser à acheter un produit similaire, produit ailleurs, en tout ou en partie.  Prenons par exemple les bijoux. Il est possible de se procurer des bijoux qui sont 100 % locaux. Peut-être pas LE bijou que vous désirez, mais des joailliers pourront faire le travail et répondront à tous les critères du local. En autant que les matériaux que vous désirez soit produits ici. Ce qui n’est pas toujours évident à trouver.

Aussi, dans le même sens, acheter un produit qui vient d’ailleurs, mais dans une boutique locale sera perçu pour certains comme un soutien à l’économie locale, alors que pour d’autres, ce n’est pas du tout le cas.

Finalement, ce n’est pas simple de s’y retrouver.

Dans le cas des aliments non transformés, c’est assez simple à savoir s’ils sont 100 % locaux ou non. Toutefois, pour un aliment transformé ou pour un bien de consommation, il est plus complexe de se positionner clairement.  Donc, pour ceux qui désirent acheter 100 % local, il est encore plus important de définir leurs propres critères de ce qui est local.

Bien lire les étiquettes vous permettra d’avoir une partie de vos réponses à savoir si le produit est local ou non. Aussi, connaître la personne qui vend le produit aura l’avantage de pouvoir lui poser des questions. C’est un des multiples avantages de l’achat de proximité.

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